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Violence contre les femmes : enfin la loi et une première victime porte plainte

Écrit par FDM

Six mois après sa publication au Bulletin officiel, la loi sur la violence faite aux femmes entre en vigueur ce 12 septembre. Des jugements répressifs, d’autres procéduraux et des mécanismes de prise en charge des femmes victimes de violence sont prévus par la loi. Et à quelques jours de l’application des dispositions de la nouvelle loi, une première victime de harcèlement dans un espace public a porté plainte.

Attendue depuis de nombreuses années, la loi 103-13 relative aux violences faites aux femmes entre enfin en vigueur aujourd’hui. La nouvelle loi a mis en place tout un arsenal juridique pour réprimer et punir toute personne coupable de violence à l’encontre des femmes. Des peines d’emprisonnement et des amendes sanctionneront toute violence commise à l’encontre des femmes. Le harcèlement sexuel, le harcèlement dans l’espace public, le mariage forcé ou encore la diffusion d’images ou de vidéo en vue d’un chantage sont également possibles de peines d’emprisonnement.
Et la première affaire sur laquelle devront statuer les juges pourrait bien être celle de Oumaïma Reqqas, une jeune femme de 24 ans qui a enregistré une plainte au commissariat suite à des actes de harcèlement commis à son encontre dans un café à Casablanca. Les faits remontent au 7 septembre dernier vers 18 h quand la jeune femme a pénétré dans un café pour rejoindre son mari et une amie. Des mimiques à caractère sexuel, des phrases lubriques. Les 3 personnes incriminées (qui seraient des humoristes assez connus) en sont presque venues aux mains quand le mari de la victime a essayé d’intervenir. La jeune femme accompagnée de son conjoint s’est dirigée vers le commissariat le plus proche pour enregistrer sa plainte.

قامت السيدة اميمة رقاس بتسجّل شكاية بالتحرش بعد ان تحرشا بها مجموعة من الشباب وهي تريد الدخول عند زوجها في احدى المقاهي…

Publiée par ‎المعلومة القانونية‎ sur Samedi 8 septembre 2018

Cette affaire qui pourrait devenir la première du genre au moment de l’entrée en vigueur de la loi serait également un test pour le parquet. Ce dernier, faut-il le rappeler, avait reçu fin juillet une circulaire du procureur général du Roi afin de sensibiliser le ministère aux dimensions de la loi 103-13. De son côté, l’Association Tahadi pour l’Égalité et la Citoyenneté et beaucoup d’ONG pour les droits des femmes craignent que certaines femmes n’arrivent pas à franchir le pas et à porter plainte. C’est pour cela que des campagnes de sensibilisation sont d’ores et déjà lancées par ces ONG, car il ne suffit pas qu’il y ait la loi. Encore faut-il que les femmes se libèrent de leur peur de dénoncer les actes de violence dont elles sont victimes.

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