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Opération Salama : UNFPA s’engage pour les communautés vulnérables

Écrit par Khadija Alaoui

L’opération Salama, lancée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en partenariat avec des institutionnels et la société civile a montré un formidable élan pour venir en aide aux personnes vulnérables et fragilisées. Retour sur une belle action.

Le 31 mars 2020, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a lancé l’opération Salama. Dictée par le besoin de venir en aide aux personnes en difficulté (femmes enceintes, professionnels de santé, en particulier les sages-femmes, femmes victimes et survivantes de la violence, migrants, détenus, personnes en situation de handicap), l’opération a ciblé pas moins de 90 localités urbaines et rurales, et touché plus de 16 millions de personnes. L’implication d’acteurs étatiques, de membres de la société civile et d’intervenants sur le terrain explique le succès de cette opération qui a permis d’apporter aide et soutien à des personne vulnérables et fragilisées.

S’appuyant sur des associations et des acteurs de la société civile dans les localités ciblées, l’opération Salama a réussi, en dépit du contexte de confinement et des mesures d’urgence sanitaires en vigueur à l’intérieur du pays, à approcher des personnes isolées et démunies. Dans toutes les régions du pays, nombreux ont été les sponsors, associations et volontaires qui ont accompagné cette action de grande envergure.

Les femmes exclues et vulnérables

Ainsi et parmi les personnes qui ont répondu à l’appel pour soutenir cette opération, on retrouve dans la région du nord, Chaïbia Balbzioui Alaoui, Présidente Régionale de l’Association des Femmes chefs d’Entreprise du Maroc (AFEM). “Les femmes entrepreneures de cette région sont très actives dans le social. Personnellement, j’ai été particulièrement contente de contribuer au sponsoring, à travers mon entreprise BCSS INDUSTRIE, de cette opération. Ce qui me pousse à m’impliquer est le besoin d’apporter mon aide aux femmes qui sont hautement exposées à l’exclusion et aux inégalités dans notre société”, explique Mme Balbzioui Alaoui. Cette volonté d’aider et de “sauver” les femmes semble être le dénominateur commun à la quasi-totalité des actions menées sur le terrain. Et que ce soit à Fès, Tanger, Rabat, Errachidia, Béni-Mellal ou dans les localités rurales, les acteurs de la société civile, aidés par des partenaires privés et des institutionnels ont réussi à toucher directement des milliers de personnes qui se sont senties, au lendemain de la mise en vigueur de l’état d’urgence sanitaire presque abandonnées à leur triste sort. C’est le cas par exemple des migrantes qui vivent déjà en temps normal une situation d’extrême précarité.

Coupées de tout pendant le confinement, l’opération Salama leur a permis de vivre dans des conditions décentes, et de bénéficier de soins et de médicaments. Ce volet a été conduit, entre autres, par l’Organisation Panafricaine de lutte contre le SIDA (OPALS) et sa présidente Dr Nadia Bezad. “Durant cette période où presque toutes les activités se sont arrêtées, les services que nous proposons se devaient de continuer et il nous fallait nous adapter, et poursuivre notre action auprès des migrants, des femmes enceintes, des travailleuses du sexes et des malades du VIH. Ces derniers, faut-il le rappeler, sont doublement impactés par la pandémie qui attaque plus particulièrement les personnes auto immunes. Grâce aux kits de protection, ils ont pu venir aux centres OPALS  récupérer leur traitement… L’opération Salama est venue à point nommé. Nous avons aussi pu acheminer ces kits dans nos centres à Fès et Beni-Mellal. En tout, ce sont 300 personnes qui ont bénéficié de cette opération”, assure la présidente d’OPALS.

Protection des mamans

À Tanger, les migrantes, les mères célibataires et les femmes en situation de vulnérabilité ont été au cœur de l’action de l’UNFPA. Parmi les associations qui se sont inscrites d’emblée dans l’opération Salama, on retrouve 100% mamans. “Durant cette période, nous étions en contact avec l’ensemble des femmes bénéficiaires  (mères célibataires, femmes migrantes, professionnelles de sexe) qui ont été affectées par cette pandémie et se sont retrouvées sans revenus. Cette opération a été une belle opportunité pour toucher beaucoup plus de femmes, en leur distribuant les kits d’hygiène et de prévention grâce aux différents donateurs de l’UNFPA. Actuellement 100% mamans accueille 12 mamans résidentes dont certaines ont accouché au cours de ce confinement…”, explique Claire Trichot, présidente-fondatrice de l’association. L’opération Salama a permis également à des mamans en situation de vulnérabilité de travailler au conditionnement des masques dans les locaux même de l’association, et de bénéficier ainsi de revenus.

Cette initiative a également englobé un volet formation et sensibilisation. Ainsi, et partant du principe que près de 2 millions de femmes, enceintes au moment de la pandémie, et ayant besoin d’être accompagnées en termes d’information et de protection, l’UNFPA a initié des sessions de formation à l’adresse des professionnels de santé, et en particulier les sages-femmes. En tout, ce sont 700 professionnels qui en ont bénéficié, et ont pu être équipés en matériel de protection afin de continuer à fournir leur appui aux femmes enceintes et aux nouveau-nés.

Les femmes et filles victimes et survivantes de violences n’ont pas été oubliées, et ont bénéficié d’une prise en charge et d’un programme adapté. Celui-là s’est décliné à travers une veille téléphonique et des accompagnements durant toute la période de confinement. En tout, ce sont 106 femmes et filles victimes de violences qui ont été prises en charge.

“Ce que nous pourrons tirer de l’Opération Salama est cette synergie solidaire entre les différents partenaires auxquels UNFPA s’est joint, pour agir auprès des populations les plus vulnérables face à cette situation de crise. Les partenaires institutionnels, les organisations de la société civile, le secteur privé et les organismes de coopération ont tous collaboré à étendre la portée d’action pour venir en aide aux personnes les plus à risque. Nous nous réjouissons de cette confiance. Nous nous félicitons également des fruits de cette action qui a duré pendant toute la période de confinement pour maintenir la continuité des services essentiels et protéger la santé et le bien-être des populations”, souligne Luis Mora, Représentant de UNFPA au Maroc. Centrée sur l’humain, et parfaitement orchestrée, l’opération Salama a constitué, pour une population vulnérable et fragilisé, une inestimable bouée de sauvetage. 

Salama au travail

Depuis le 30 juin, c’est une autre opération qui est menée par le Fonds des Nations Unies pour la Population. “Salama au travail”, lancée à Tanger, vise à sensibiliser, protéger et soutenir les femmes ouvrières afin de garantir leur participation à la relance de la croissance, dans un milieu de travail sûr, assurant le respect des droits et de la dignité. 400 trousses individuelles de protection ont été distribuées. Cette initiative va accorder une grande attention aux femmes qui viennent des communautés les plus exclues, qui ont le plus subi les effets de la crise et où la pauvreté a été accentuée en cette période de difficultés économiques. L’initiative va être également l’occasion du lancement d’un espace régional concerté de réflexion et d’appui au retour à l’emploi digne des jeunes et des femmes en situation de vulnérabilité.

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