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Omar Zehzouhi a sillonné le globe pour aider les plus démunis


A 18 ans à peine, Omar Zehzouhi s’est envolé l’an dernier en Espagne, au Brésil et en Thaïlande où il est venu en aide à des jeunes sujets à des problèmes d’addiction, des enfants des favelas ou encore des villageois.

Quand il est arrivé aux Etats-Unis en 2010, Omar Zehzouhi était haut comme trois pommes. Depuis, ce jeune Marocain a bien grandi. En 2016, il prépare son baccalauréat mais pense surtout à l’année d’après. Il souhaite intégrer une université de prestige. Il envoie des dizaines de demandes d’inscription dans plusieurs établissements mais toutes les réponses sont négatives. Problème : il ne se voit pas étudier ailleurs. Il préfère donc remettre ses études à l’année suivante et en attendant, il décide de mettre sur pied un projet qu’il appelle Hummingbird (colibri en français). « Ma mère m’avait offert le livre La part du colibri : l’espèce humaine face à son devenir de Pierre Rabhi. Il tire son nom d’une légende racontant l’histoire d’un colibri qui essayait d’éteindre un feu en jetant quelques gouttes d’eau avec son bec. Peut-être que cela paraît ridicule mais si tout le monde faisait un geste à son échelle, les choses changeraient », dit-il convaincu. Il veut mettre la main à la pâte. Il tape sur Google quelques mots clefs et clique sur le premier site qui apparaît. C’est celui de l’organisation IVHQ (International Volunteer HQ) qui regroupe une multitude d’associations éparpillées aux quatre coins du globe. Pas de limite d’âge ni de critère sauf la motivation. Omar est emballé. Il s’inscrit et donne quelques informations sur ses hobbies ou autres compétences. « Le logement et la nourriture sont pris en charge mais pas les billets d’avion », explique le jeune homme qui lance un crowdfunding. Il récolte 4 500 dollars.

Professeur d’anglais en Espagne et coach sportif au Brésil
Sa première aventure se déroule à Madrid. Il intègre l’association Surv the city et donne des cours d’anglais pendant un mois dans un centre de réhabilitation. Ses élèves sont des jeunes qui ont des problèmes d’addictions. « Je n’étais pas au courant de la situation de mes étudiants avant d’arriver sur place, explique-t-il. Tout s’est très bien passé. Le but était de les aider à s’intégrer dans la société et à trouver un job, d’où les cours de langue. » Après cette riche expérience, direction Rio de Janeiro au Brésil. Sa mission là-bas : être coach sportif pour les enfants des favelas. « Au début, j’étais professeur de rugby mais je n’étais pas si calé que cela, avoue-t-il. J’ai donc demandé à changer et j’ai donné des cours de skateboard ». Et de préciser : « Nous leur donnions des cours tous les jours après l’école pour ne pas qu’ils tombent dans la violence. » Grâce à l’association locale Jive, Omar peut pénétrer dans les favelas. Il constate la dure réalité à laquelle sont confrontés quotidiennement ses jeunes élèves. Une expérience qui lui donne encore plus envie de changer les choses.

Aller au charbon
Après le Brésil, Omar pose son sac à dos en Thaïlande et rejoint l’association The Mirror Foundation. « Cela ne devait pas être ma dernière destination mais j’ai rallongé mon séjour là-bas et j’ai eu aussi un problème de visa », confie-t-il. Il loge avec d’autres bénévoles au cœur d’un tout petit village de 250 âmes. Durant la journée, il s’attelle à construire des barrages ou des routes pour que le village soit le moins isolé possible. Mais sa mission ne s’arrête pas là. Il va également aider aux champs. « L’organisation IBHQ avait prévenu les volontaires en précisant que, dans cette association, le travail était physique, mais je ne pensais pas à ce point-là », assure-t-il. Néanmoins, cela n’a pas gâché son aventure. Au contraire. Le jeune homme est dépaysé. Il côtoie des chefs de tribu, apprend la langue, en tout cas, quelques mots, et découvre une autre culture. « C’est un peuple très souriant et accueillant qui se contente de peu », sourit-il. Après de telles expériences, Omar a attrapé le virus. « Je compte bien repartir, même si je ne sais pas exactement où et quand », lâche-t-il. Car aujourd’hui, les études priment. Il veut devenir psychologue. Sa prochaine aventure se déroulera donc sur les bancs de l’école dès la rentrée prochaine.

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