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Morocco Solar Festival : Dar Islie, la plateforme marocaine qui épaule les artisanes (Portrait 3/3)

Écrit par FDM

A Ouarzazate, des dizaines d’associations et start-up marocaines ont monté leur tente au Village du Soleil lors de la 4ème édition du Morocco Solar Festival, organisée du 10 au 12 novembre. Tous rassemblés autour d’un même objectif : promouvoir le développement durable à travers des projets innovants, frais et valorisants, portés, notamment, par une panoplie de jeunes dont des femmes. Zoom sur Dar Islie, l’un des trois projets pensés par ou pour les femmes.

Les savoir-faire traditionnels sont l’une des pépites du Maroc. Pour valoriser et pérenniser au mieux ce patrimoine parfois en péril, l’entreprise Dar Islie a mis sur pied une plateforme qui se veut un lieu d’échanges, de partage et d’innovation autour de ces techniques et gestes si chers au pays. Concrètement, Dar Islie mise à la fois sur les femmes artisanes travaillant souvent de façon informelle, et sur les jeunes designers.’Nous voulons leur donner le pouvoir de montrer ce qu’ils sont capables de faire’, insiste Julie Defudes, la co-fondatrice de Dar Islie.

En clair, l’entreprise leur donne un coup de pouce. Ainsi a-t-elle encadré et formé des tisseuses de la région de Taznakht et a monté, entre autres, le projet « Pensées nomades » autour duquel à travailler la coopérative Bouhrach à Ain Leuh dans le Moyen Atlas, spécialisée dans le tissage de tentes berbères, et un collectif de jeunes designers et artisans français L’Atelier 5.1. Ces deux générations ont repensé ensemble la tente traditionnelle de demain, sans pour autant la dénaturer. Car Dar Islie met toujours en place « des projets basés sur l’échange et la transversalité entre savoirs ». Pour Julie Defudes, il était impensable d’ « aborder la question de la transmission sans parler du rôle de la jeunesse ». C’est pourquoi la plateforme accompagne des projets novateurs et éco-responsables portés par cette nouvelle génération comme par Siham El Yaagoubi. Cette jeune créatrice textile, diplômée en tissage traditionnel a revisité le boucherouette, en récupérant les chutes de tissus et de vieux vêtements, non pas pour les utiliser dans la fabrication des fameux tapis traditionnels, mais pour réaliser des collections de prêt-à- porter.
Au vu de la montée en puissance de Dar Islie qui a tout de même représenté en avril dernier le Maroc aux Journées Européennes Des Métiers d’Art à Paris, les jeunes talents sont de plus en plus nombreux à contacter Dar islie. Parmi eux, Hind, une designer marocaine fraîchement diplômée de l’Académie des Arts Traditionnels (Fondation de la Mosquée Hassan II) qui est spécialisée dans le zellige. « C’est une réelle chance pour moi d’intégrer une telle plateforme, sourit-elle. J’ai en tête plusieurs projets qui seront davantage réalisables avec Dar Islie puisqu’elle nous accompagne et valorise ce savoir-faire que nous avons voulu apprendre à l’école afin qu’il ne se perde pas, mais tout en y ajoutant notre propre touche. »

 

Crédit photos : Mohamed Drissi Kamili

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