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Morocco Solar Festival : CuiMer, la jeune marque marocaine qui rivalise avec le secteur du cuir (Portrait 1/3)


À Ouarzazate, des dizaines d’associations et start-up marocaines ont monté leur tente au Village du Soleil lors de la 4ème édition du Morocco Solar Festival, organisée du 10 au 12 novembre. Tous rassemblés autour d’un même objectif : promouvoir le développement durable à travers des projets innovants, frais et valorisants, portés, notamment, par une panoplie de jeunes dont des femmes. Les participants se sont facilement prêtés au jeu des questions-réponses avec les Ouarzazis, venus en nombre jusqu’à la dernière minute. Zoom sur CuiMer, l’un des trois projets pensés par ou pour les femmes.

De la peau de poisson recyclée et transformée en cuir, c’est l’idée ingénieuse d’Aya, Khaoula, Hiba, Ratiba et Hanana, âgées de 19 à 23 ans. Ces cinq jeunes femmes sont étudiantes à la faculté des Sciences économiques de Casablanca. C’est en 2015 qu’elles ont monté le projet CuiMer au sein du club d’entrepreneuriat social. « Nous voulions trouver une alternative au cuir fabriqué à partir de peaux de reptiles tués à cette fin, explique Khaoula. Nous avons vu la solution dans les déchets maritimes. Car on pêche des poissons pour les manger, alors pourquoi ne pas récupérer leur peau ? » Pendant un an, elles travaillent d’arrache-pied sur cette nouvelle matière. Les tests en laboratoire s’enchaînent jusqu’au jour où elles arrivent à stabiliser la texture et à la transformer en cuir, sans la moindre émanation d’odeur. Elles partent ensuite à la rencontre d’artisans locaux et de designers comme Nora Tiguint, la finaliste de la saison 6 de l’émission Sanâat Bladi, une compétition télévisée à la recherche des meilleurs jeunes artisans du Maroc. Ensemble, ils créent la marque CuiMer. Quelques mois plus tard, des chaussures, des portefeuilles et porte-monnaie, des bracelets de montre, des étuis à passeport ou encore des porte-clefs sortent des ateliers. Ces accessoires de maroquinerie font fureur auprès des clientes qui en demandent toujours plus.

L’équipe décide alors de plancher sur une deuxième marque, « EQUM », qui verra le jour début 2018. « Nous allons proposer une gamme de sacs et une collection de prêt-à-porter », détaille Aya qui est la leader du groupe et qui va concevoir elle-même les vêtements. « J’ai toujours aimé la mode. Quand j’étais petite, je prenais des cours de styliste », confie-elle, avant de préciser que sa tante travaille aussi dans ce secteur d’activité. Aya, stressée par le lancement de sa toute première ligne de vêtements, n’arrête pas. Elle s’envole en France la semaine du 14 novembre pour participer à la troisième édition de BigBooster, une compétition qui rassemble une centaines de startuper sélectionnés dans les quatre coins du monde avec un seul objectif en tête: intégrer le programme de coaching intensif qui va propulser leur société. Une opportunité incroyable à saisir pour ces cinq femmes qui ont déjà remporté le prix MTF (Morocco Today Forum), et qui voient de plus en plus grand. « Nous sommes également en train de travailler sur une potentielle installation de notre atelier à Laâyoune, dévoile Aya. On nous a proposé un terrain là-bas, et vu la quantité de poissons qui sortent quotidiennement des usines, ce serait une mine d’or pour notre entreprise. »

 

Crédit photos : Mohamed Drissi Kamili

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