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Les Panafricaines : la migration africaine, le regard crucial des médias

Écrit par FDM

« La migration africaine, une chance pour le continent, une responsabilité pour les médias », c’est le thème choisi pour la deuxième édition du Forum des femmes journalistes d’Afrique. Un événement initié par le groupe 2M et organisé du 26 au 28 octobre à Casablanca qui rassemble 200 journalistes de 54 pays.

 

Montrer toute les facettes de la migration, c’est l’objectif de la deuxième édition du Forum des femmes journalistes d’Afrique qui travaille du 26 au 28 octobre à Casablanca sur le thème « La migration africaine, une chance pour le continent, une responsabilité pour les médias ». « Les Panafricaine 2018 se tiennent sous une thématique majeure : la migration. Un sujet d’une actualité brûlante qui a été choisi par les Panafricaines elles-mêmes (lors de la précédente édition), comme le détaille Salim Cheikh, directeur général de 2M, groupe qui porte l’événement, rassemblant cette année 200 journalistes de 54 pays contre 100 de 23 pays l’an passé. Un thème choisi qui « intervient (aussi) quelques semaines avant la tenue au Maroc, du Forum mondial sur l’immigration, sous l’égide de l’Assemblée général des Nations Unies, et qui verra l’adoption du pacte mondial de l’immigration », la Conférence Internationale sur la Migration (CIM 2018) se tenant exactement les 10 et 11 décembre. Bref, le sujet est capital. Et le directeur général de 2M d’insister, à la tribune, sur la nécessité de voir émerger un traitement plus juste et plus équitable de la migration. Un avis partagé par Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui a tenu à assister au lancement de cette deuxième édition. « La migration n’est pas une problématique sécuritaire, c’est une question de sécurité humaine », a-t-il lancé, avant de pointer du doigt qu’ « aujourd’hui, l’image de l’Afrique est importée. Elle est fabriquée dans les rédactions d’ailleurs, chargée en stéréotypes, parfois en idéologies, et pourtant intégrée et consommée en Afrique, par les africains eux-mêmes (…) Tant que l’Afrique n’écrira pas son propre récit, nous aurons l’image déformée d’une Afrique qui ne contrôlerait pas sa démographie, qui ne saurait pas tirer profit du dividende démographique, d’une Afrique à feu et sang, en proie aux guerres civiles, au terrorisme et aux luttes intestines, d’une Afrique où la corruption est endémique, systémique, qui gangrène les sociétés et sape les institutions ! » En janvier 2018 déjà, le roi Mohammed VI avait déclaré, lors du Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, qu’ « il est temps de déconstruire, « un à un » les mythes associés à la migration (…) (qui) est un phénomène naturel qui constitue la solution et non pas le problème ».

 

La migration sous tous ses angles

Avant de lancer les travaux de la deuxième édition du Forum des femmes journalistes d’Afrique, un grand débat a été concocté, baptisé « D’une rive à l’autre, pour un regard juste sur les migrants ». Autour de la table, la modératrice Samira Sitaïl, directrice générale adjointe en charge de l’information et des magazines sur 2M, Ana Fonseca, chef de mission de l’Agence des Nations Unies pour les Migrations au Maroc, l’Italienne Raffaella Maria Consentino, reporter et spécialiste des questions migratoires pour la chaîne de télévision « Rai », le Nigérien Larry Macaulay, fondateur et rédacteur en chef de « Refugee Radio Network » à Hambourg en Allemagne, l’Ougandais Patrick Otim, spécialiste de la migration et membre de l’organisation « Refugee Law Project » à Kampala et Driss el Yazami, président du Conseil national des droits de l’homme au Maroc qui a, notamment, appelé à l’élaboration d’un code éthique pour les journalistes que la question migratoire. Durant cette première journée également, les 200 journalistes ont été éparpillés dans 7 ateliers pour se pencher sur divers thèmes comme la « mobilité féminine : une nouvelle dynamique migratoire », « migrations climatiques et sécurité alimentaire », « mineurs en errance, comment cerner un phénomène complexe ? » ou encore « migrations africaines : de l’importance de disposer de données fiables ». Car le saviez-vous : parmi les cinq plus grands camps de réfugiés au monde, quatre se trouvent sur le continent africain ? Parmi eux, le camp Dadaab au Kenya, le HCR estimant qu’il y a plus de 600 000 réfugiés, le double selon les autorités…

 

Crédit photos : Brahim Taougar

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