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« Leadership féminin, leadership de demain » décrypté avec force au Wimen


Une soixantaine de femmes ont répondu présentes lors du premier dîner-conférence de Wimen, le Réseau International des Femmes Dirigeantes, organisé, le 24 janvier, au Hyatt Regency Casablanca. Lancé en novembre dernier, ce collectif de femmes engagées a tout naturellement choisi comme thème de départ, le « Leadership féminin, leadership de demain », avec trois invitées de marque, à savoir Najat Mjid, Feriel Berraies et Sanae Lahlou.

Le leadership féminin est-il le leadership de demain ? La réponse est incontestablement affirmative après avoir assisté au premier dîner-conférence de Wimen, le Réseau International des Femmes Dirigeantes, qui a choisi d’aborder cette question. La mission de ce collectif ? Mettre en valeur l’importance du rôle de la femme dirigeante dans les organisations comme un modèle inspirant, capable d’insuffler une dynamique de changement positif, autant dans les modèles de fonctionnement qu’au niveau des mentalités. Car comme le souligne, Laïla El Andaloussi, présidente de Wimen ainsi qu’expert-comptable et commissaire aux comptes, « on estime que les femmes ont un potentiel féminin qui est issu de, ce qu’on appelle, l’intelligence émotionnelle. Et d’après plusieurs études de Harvard, elles ont des qualités qui sont les atouts de l’entreprise de demain ! » Et d’ajouter : « Au Maroc, seules 4% des membres dirigeants des entreprises sont des femmes, alors que 10% des entreprises montées le sont par elles. »

La puissance des femmes

Pour mettre en lumière la particularité du leadership féminin, Wimen a invité trois femmes d’exception qui ont, chacune à leur tour, donné leur vision du leadership féminin au travers de leur propre expérience. La première à prendre le micro ? Najat Mjid, fondatrice de l’association Bayti, experte internationale dans le domaine des droits de l’enfant et professeur d’université. « J’ai appris sur le terrain et au gré des challenges », confie-t-elle, avant d’énoncer une longue liste de points forts propres aux femmes comme la créativité, l’empathie, le sens du partage, l’intuition, l’énergie, la sensibilité – à ne pas confondre avec la sensiblerie comme elle tient à le souligner-, l’humilité, ou encore la capacité d’écoute active. « Nous sommes capables de convaincre plutôt que de donner des ordres, ainsi que construire dans l’adversité, enchaîne-t-elle lors de son discours qui a eu toute l’attention de l’auditoire. Il faut aussi accepter d’être critiquée, car être leader, c’est aussi connaître ses limites ». « On ne naît pas leader, mais on le devient », conclut-elle, lâchant au passage que son livre de chevet est « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel.

La deuxième intervenante, Feriel Berraies, chercheuse tunisienne en sciences sociales, militante associative pour les droits humains et de la femme, a, quant à elle, rappelé que « l’ennemi n°1 de la femme est la femme elle-même ». « Il faut arrêter de se mettre des barrières (…) Nous avons en plus des qualités féminines pour être de bon leader », a-t-elle appuyé. Conclusion ? « Osez, entreprenez et prenez la parole », comme elle l’a si bien soutenu. La troisième et dernière intervenante à conclure la conférence est Sanae Lahlou, experte dans le développement international, le market intelligence, le business développement sectoriel et l’accompagnement des entreprises dans leur internationalisation qui vient récemment de rejoindre Mazars en tant Directrice en charge de la nouvelle Business Unit Afrique. La jeune femme ne mâche pas ses mots et explique clairement qu’il existe bien une différence entre les leaderships masculins et féminins, puisque « le leadership masculin n’a pas d’obstacles à l’inverse du leadership féminin, ajoutant à cela toutes les caractéristiques propres aux femmes comme l’empathie et la créativité ». Et d’ajouter : « Le leadership ne s’apprend pas dans les livres. C’est surtout une question de connexions. C’est grâce à mon équipe que je suis là ». « Soyons fier d’être une femme, essayons de rêver et surtout de vivre notre rêve ! », glisse-t-elle au final de cette conférence.

Des projets et des hommes

Dans l’assistance, quelques hommes. « Nous sommes une cinquantaine de membres dont 12% d’hommes, précise Laïla El Andaloussi. C’est grâce à eux, et c’est avec eux, que nous voulons co-construire WimenNous ne voulons pas nous distinguer des hommes en revendiquant un leadership féminin. » En clair, tout le monde est dans le même bateau pour faire cap vers l’entreprise performante. L’autre temps fort de la soirée ? La signature du premier partenariat entre Wimen et le Technopark Casablanca représenté par sa directrice générale, Lamiae Benmakhlouf. « Cette convention porteuse d’un fort partenariat entre les deux entités, vise notamment à déployer, grâce aux forces vives de WIMEN, un programme d’accompagnement et de mentorat des start ups nouvellement hébergées au sein de l’espace coworking du Technopark », comme l’explique le réseau qui est en train de concocter d’autres beaux projets. Pour renforcer le leadership des femmes, le réseau souhaite ainsi s’attaquer aux formations des dirigeantes, à la sensibilisation aussi bien au niveau des universités et écoles qu’au sein des entreprises, ainsi qu’à la mise en place de chartes contribuant à réduire les stéréotypes.

 

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