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Hommes-femmes, les inégalités existent aussi face à la maladie

Écrit par FDM

Une femme et un homme n’ont pas toujours les mêmes symptômes face à la maladie, pourtant les médecins les soignent de la même manière. Voilà pourquoi.

Saviez-vous que les signes avant-coureurs d’un infarctus sont différents selon le sexe ? Alors que depuis des années, on nous rabâche qu’il faut appeler une ambulance dès que nous avons des douleurs à la poitrine ainsi qu’au niveau du bras gauche, on apprend qu’en fait, ces symptômes-là sont ceux des hommes… Car les femmes souffrent plutôt d’une intense fatigue et d’essoufflements, à la différence de ces messieurs, comme le rapporte L’Obs, qui consacre un article à cette discrimination dans le domaine de la santé. « Certaines maladies auto-immunes touchent 50 fois plus les femmes que les hommes », détaille au magazine Peggy Sastre, auteure du livre « Le sexe des maladies ». Mais problème, les études cliniques qui prennent en compte le sexe sont trop rares. Résultat : les femmes sont plus tardivement prises en charge, et la prescription des médicaments est la même quel que soit le sexe du patient. Or les femmes sont généralement une fois et demie à deux fois plus victimes d’accidents liés aux effets secondaires des médicaments, selon une étude américaine datant de 2001. D’après les experts interrogés par L’Obs, il n’y aurait pas de malveillance derrière ce déséquilibre, mais ce serait plutôt une question de facilité. Néanmoins, certains chercheurs montent au créneau pour qu’au moins, la différence hormonale soit un des critères inclus dans les recherches. « On sait désormais que les œstrogènes jouent un rôle dans la prédisposition à développer des maladies intestinales ou pas », pointe du doigt Eric Houdeau, chercheur en gastro-entérologie à l’Inra de Toulouse. Certains pays ont tout de même pris le problème à bras-le-corps. Aux États-Unis, les instituts dédiés à la recherche médicale n’allouent plus, depuis 2014, de financement aux études qui n’incluent pas les deux sexes. Et comme le souligne Claudine Junien, généticienne et chercheuse à l’Institut national de la recherche agronomique, ce n’est pas « en niant les différences hommes-femmes qu’on parviendra à l’égalité de traitement. »

 

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