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Hadda Ouakki : « Je mets fin à ma carrière à la fin de cette année » (Exclu)

Écrit par FDM

Comme on s’y attendait, Hadda Ouakki a été à la hauteur de sa réputation. Une diva de la chanson amazighe qui réussit, grâce à sa seule présence, à enflammer son public et à susciter à chacun de son passage beaucoup d’émotion. Nous l’avons rencontré hier à la fin de son concert donné dans le cadre de la 15ème édition du Festival Timitar, Signes et Culture à Agadir.

Cela fait presque 50 ans que vous chantez. Vous avez bravé les traditions familiales et réussi à aller jusqu’au bout de votre passion pour le chant. Qu’est ce qui a aidé à persévérer ?
J’ai commencé à chanter alors que j’avais à peine 16 ans. Je suis allée au bout de mes rêves, et n’ayant pu faire admettre ma passion à ma famille, je suis partie de chez moi… Je suis allée à Casablanca alors que je ne connaissais aucun mot en arabe. On chantait alors du chaâbi qui était très demandé… Je n’ai jamais rien lâché, j’ai persévéré et voilà. Près de 50 ans après, je suis toujours là. Je ne suis plus la même, j’ai pris de l’âge, la santé n’est plus ce qu’elle était, mais je suis toujours là…

Vous avez démarré votre carrière en formant un duo avec Bennasser Oukhouya. Lui a arrêté en 1978, et vous avez continué à chanter…
Bennasser Oukhouya a arrêté parce qu’il était plus âgé que moi. Il était marié et avait des enfants qui voulaient qu’il arrête la chanson. Moi je n’ai ni mari ni enfants. Je n’ai que Dieu. Mais je compte mettre fin à ma carrière cette année. J’ai certains engagements, et dès que je les termine, j’arrête de chanter… je sens que j’ai atteint un âge où je ne dois plus chanter. Je voudrais faire mon pèlerinage.

Mais qui prendra la relève de Hadda Ouakki ? Avez-vous dans votre troupe quelqu’un qui portera le flambeau après votre retraite ?
Non, je ne crois. Comme dit Oum Kelthoum « abadan » (jamais)
Actuellement, ce qui m’importe est d’être en accord avec moi-même et en paix avec tout le monde. Je peux me contenter de peu et vivre tranquillement dans ma maison à Aït Ishaq. Vous savez, je suis une chrifa, et mes origines sont soussies…

Quels messages pourriez-vous transmettre aux femmes marocaines, vous qui avez su résister à des conditions difficiles pour vous imposer et imposer votre art ?
Les droits des femmes sont sacrés. Mais il faut qu’il y ait du respect entre l’homme et la femme. Le respect est essentiel. Une femme ne peut pas vivre seule. Cela s’applique également à l’homme. Il faut vivre en harmonie avec soi et avec les autres, être toujours entourés, et c’est l’un des secrets du bonheur.

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