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« Des Monts et Mères Veillent », la nouvelle série de Fatima Mazmouz à Paris Photo

Écrit par FDM

Fatima Mazmouz est l’une des artistes de la galerie127 sélectionnée pour Paris Photo organisé du 7 au 11 novembre dans la capitale française. A cette occasion, la photographe-plasticienne franco-marocaine connue pour son travail sur le corps autour de l’avortement et la grossesse, y présente, en toute exclusivité, sa nouvelle série baptisée « Des Monts et Mères Veillent ». Interview.

Qu’explorez-vous dans votre dernière série « Des Monts et Mères Veillent » ?

Cet opus s’inscrit dans le quatrième volet de ma recherche sur l’identité et ses articulations. Ainsi, après le « corps pansant » autour de la grossesse, le « corps rompu » pour l’avortement et le « corps colonial » sur la résistance et la mémoire, je présente « le corps magique ». Ce dernier travail explore l’univers féminin et poétique en lien avec la nature via l’univers du bestiaire (le coq et le sanglier).

Vous y abordez le sujet de la domination, de la résistance, du féminisme et de la sorcellerie. Mais quels liens en faites-vous ?

Il s’agit de mettre en avant la culture féminine, matriarcale ainsi que celle du non-dit… J’ai ainsi voulu parler des femmes porteuses d’un champ immense de connaissances mais humiliées voire sommées au silence à cause de la soi-disant vraie « Science ».  Elles ont tout bonnement été réduites à leur vulve ! A travers ma série, je rends un vibrant hommage à leur pouvoir en me concentrant sur une partie du corps : l’œil qui représente, à mon sens, « l’œil de la connaissance », à savoir le « 3ème œil » auquel j’appose l’autre « œil » qui est celui de la vulve, territoire enfermant les femmes dans un statut fantasmagorique (morale, domination des corps, arme de destruction, … ). J’explore ainsi la symbolique du pouvoir politique et des rapports de force qu’induit le recours à l’œil, jusqu’à l’œil magique en passant par le mauvais œil et l’œil de la protection.

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers ce dernier opus ?

Mon travail s’inscrit toujours dans ce désir de déconstruction de la culture sociale et politique qui instaure des rapports de domination et d’exploitation dont la première victime n’est autres que la femme, son corps et son esprit. Ma série sur « le corps magique » remet, par conséquent, en question l’écriture de l’histoire et des sciences dont les femmes furent complètement exclues en raison du système patriarcal. Dans ce contexte, par exemple la sorcellerie devient une arme de guerre ou de résistance partagée par les femmes du monde entier.

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