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Amoutati, la femme redoutable de l’Afrique du rire (Interview)


Tatiana Rojo, alias Amoutati, rayonne. Seule femme humoriste de la troupe de l’Afrique du rire programmée à Casablanca, elle a fait un carton. Pas étonnant ! Cette nana-là a une énergie débordante et glisse toujours le mot qu’il faut. La preuve, avec cette interview sans filtre.   

Ce n’est pas trop dur d’être la seule nana de la team de l’Afrique du rire de  Casablanca ?
Ah ah ah, non. L’ambiance est extra ! Mais, si on approfondit plus la question, je remarque tout de même qu’il n’y a pas assez de femmes dans le milieu. Il y a une certaine inégalité, mais je ne saurais dire pourquoi. Pour moi, il faudrait que les femmes soient plus nombreuses que les hommes car elles ont bien plus de choses à dire (martèle-t-elle) !

Pourquoi avez-vous accepté de rejoindre la troupe de l’Afrique du rire ?
Pour deux raisons. La première, c’est grâce à Oualas. C’est un humoriste hors-pair qui est la seule personne à m’empêcher de stresser. Avant de monter sur scène, je suis capable de tomber dans les pommes. A force, c’est même devenu une étape importante. Mais, lorsque j’ai vu pour la première fois Oualas, j’ai oublié mon stress. Il a un jeu splendide et une force remarquable. La deuxième raison, c’est bien évidemment le cœur de l’Afrique du rire, à savoir la mise en lumière de nos talents défendant la culture africaine.  

Comment avez-vous démarré votre carrière d’humoriste ?
Avant d’être humoriste, j’étais comédienne. J’ai obtenu quelques premiers et seconds rôles dans plusieurs films. Mais, le téléphone ne sonnait pas tout le temps. Un beau jour en 2009, j’ai eu un électrochoc : j’ai vu mon reflet dans le miroir. L’image renvoyée était celle d’une femme attendant, les jambes croisées, devant le téléphone… Et à ce moment-là, je me suis dit que je n’étais venue en France pour patienter. Je me suis alors lancée dans l’humour. J’ai monté ma pièce « La Dame de fer » dans lequel je parle de ma mère qui a réussi, tant bien que mal, à élever ses quatre enfants. C’est un spectacle aussi drôle qu’émouvant. Car ma mère est une héroïne très rigolote et touchante. Je suis rentrée en Côte d’Ivoire, mon pays d’origine, à l’âge de 6 ans parce que ma mère n’avait pas renouvelé son titre de séjour. Elle ne me l’avait pas dit. Elle m’a raconté qu’on partait en vacances. Mais bon, les vacances ont duré tout de même jusqu’à mes 19 ans (sourit-elle). Je garde un magnifique souvenir de mon enfance là-bas. Ma mère était une femme différente parlant dans sa langue maternelle et fort. J’ai adoré son univers. Sur scène, j’incarne différents personnages. Une sorte de carte de visite qui a été bénéfique pour moi puisqu’elle a permis aux réalisateurs d’avoir une petite idée sur mon jeu de rôle. Résultat : j’ai joué dans plusieurs films comme « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » 1 et 2.

Quelle a été votre principale barrière ?
Mon accent. On m’a affirmé qu’on aurait dû mal à me comprendre sur scène, et qu’en plus, j’étais vraiment dans le cliché. Je n’ai pas voulu le perdre. J’y tenais ! C’est mon identité. J’étais alors convaincue que je devais jouer pour montrer et transmettre la culture africaine partout dans le monde. En fait, j’ai voulu faire rêver des fillettes – et je continue à le vouloir- pour qu’elles soient, elles aussi, émerveillées et fières.

En mode « gâter le coin » un moment magique hier soir devant 1400 personnes qui riaient aux larmes au palais des congrès de Marrakech #afriquedurire2018 😘#humour #amoutati #followers#oualas # en route pour Rabat ce soir

Publiée par Amoutati sur Lundi 21 janvier 2019

 

 

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